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ASSOCIATION LES AMIS DU LIVRE

Lire pour se Construire

Serge Grah (Journaliste et écrivain) : « Les enfants aiment les histoires qui font rêver »


Serge Grah, vous avez reçu le Prix Jeanne De Cavaly 2018, à la faveur de la 10ème édition du Salon International du Livre d’Abidjan. Que représente pour vous cette distinction ?

C'est vrai qu’on n’écrit pas pour gagner des prix, mais pour un écrivain ou n'importe quel autre créateur, c'est très important de savoir que son travail est suivi, mieux, qu’il est apprécié. Mais en même temps, ces encouragements, cette mise en lumière amplifie votre responsabilité. Ça veut dire que désormais, on vous suivra et qu'on fera un peu plus attention à ce que vous écrivez. Surtout, quand c'est un texte qui s'adresse aux enfants, en ce qui me concerne. Cela dit, sans faire de fine bouche, recevoir le Prix Jeanne De Cavally de la Littérature enfantine m'a énormément fait plaisir. Il représente pour moi la persévérance dans tout ce qu'on entreprend. Je voudrais profiter de votre micro pour remercier mon éditeur ainsi tous Les Amis du Livre.

De quoi parle La veste de Grégoire, ce livre par lequel vous avez été distingué ?

Il s’agit de l’histoire de Grégoire, un chat qui vit à Niéga, son village. Il est tellement gentil et serviable que le roi l’a nommé notable. Grégoire est si heureux que pour fêter cet évènement, il décide de se coudre une veste. C’est ainsi qu’il parcourt plusieurs villages de la région afin de trouver un couturier capable de lui coudre sa veste. A Bassa, il découvre Betty, une souris qui semble être la plus grande couturière de la région. La souris accepte la commande du chat. Malheureusement, Betty ne tient pas parole et disparait sans avoir cousu la veste de Grégoire. Le pauvre chat, pour la première fois, sort ses griffes et jure de se venger. Il décide donc de manger toutes souris qu’il va désormais rencontrer sur son passage.

D'où est venue votre inspiration ?

Je m’inspire de la vie, des histoires connues ou méconnues… Pour ce qui de La veste de Grégoire, c’est une histoire vraie que m’a contée mon amie Guehi Brence. J’ai juste remplacé les personnages par des animaux et déplacé l’espace en bordure de mer. Les enfants aiment les histoires qui font rêver.

Que retenir de votre participation au Sila ?

Je voudrais profiter de votre micro pour remercier le Président de l’Assedi et l’ensemble des éditeurs ivoiriens pour le travail qu’ils abattent chaque année pour rendre le visible et le rapprocher un peu plus des Ivoiriens. Ce Sila, on s’en doute, a été particulier pour moi avec prix. Certainement à cause du prix Jeanne De Cavally, j’ai rencontré beaucoup plus d’enfants qui étaient heureux de recevoir leur livre dédicacé. Ça c’est pour ma participation en tant qu’auteur. En ma qualité d’éditeur, en dehors des prix, ce Sila a tout été aussi riche en émotions, en rencontre, en partage d’expérience et en bonheur de voir le livre célébré. Aujourd’hui, c’est un rendez-vous incontournable en Côte d’Ivoire.

Pensez-vous que l'avenir est prometteur après cette édition ?

Le Salon International du Livre d’Abidjan a été hissé à un niveau d’où il sera bien difficile de le faire descendre. Le Sila montre chaque année que le livre vit chez nous. Le dynamisme de notre filière du livre doit se mesurer en la qualité du Sila. Et pour cela, il faut à tous les acteurs du livre de travailler à assurer toujours une grande qualité de ce évènement.

Pourquoi avez-vous décidé d’écrire pour les enfants ?

Ce qu’il faut savoir c’est que j’ai commencé ma démarche écriture par un livre pour enfants : Kolou le chasseur. Si on veut des lecteurs pour demain, il faut commencer par donner le goût de la lecture aux enfants. Et leur donner le goût de la lecture, c’est leur proposer des livres de qualité qui prennent en compte leur vécu, leur environnement, les choses qui les entoure. Je pense que c’est seulement de cette façon que nos enfants pourront grandir en ayant pour grand ami le livre.

Comment évolue votre carrière littéraire ?

C’est beaucoup plus qu’une carrière… Pour moi c’est une relation d’amour-passion que j’entretiens avec le livre. Je suis donc exactement dans la situation de quelqu’un qui vit une histoire d’amour grandissante, rendue dynamique par la publication de mes différentes œuvres. C’est tellement sublime cette histoire que je me demande comment je vais pouvoir continuer de tenir cet amour intact.

Par Aimé Dinguy’s